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  • Je vais établir un vicaire sur la terre

    Dieu, loué soit-Il, dit  : « Lorsque Ton Seigneur confia aux Anges : Je vais établir un vicaire sur la terre » (Coran 2/30).
    La volonté suprême veut confier à ce nouvel être dans l’univers les leviers de commande de cette Terre et donner libre cours à ses activités de manière à montrer la volonté du Créateur, loué soit-Il, à innover, créer, analyser et synthétiser. De même, c’est par le biais de cet être que se réalise la volonté divine de découvrir ce qui existe sur cette terre en matière de forces, d’énergies, de trésors et de matières brutes tout en assujettissant tout cela, avec la permission d’Allah, loué soit-Il, à la mission importante qu’Allah, loué soit-Il, a confiée à ce même être humain. C’est ainsi que le rang de l’être humain, dans le système de l’existence sur cette terre spacieuse, devient éminent. Et il s’agit-là de la dignité et de l’honorabilité que son Généreux Créateur, loué soit-Il, a voulu lui accorder.
    Les anges ne connaissaient pas la sagesse sous-tendue par la volonté divine de bâtir et de peupler cette terre, de développer la vie, d’y susciter la diversité; ils ne savaient pas qu’Allah, loué soit-Il, voulait faire de l’être humain un vicaire sur Terre, pour réaliser Sa volonté divine ».
    La mission du vicariat est liée au rapport entre l’homme et la femme car c’est par le biais de ce rapport que ce vicariat se réalise. Ce dernier exige trois choses pour être réalisé :

    • Sauvegarder sa progéniture et sa pérennité
    • L’existence de causes qui poussent les gens à aimer leur progéniture en réunissant et liant l’homme à la femme.
    • Sauvegarder sa progéniture et sa pérennitéA l’origine, le vicariat commença lorsque Dieu, loué soit-Il, créa Adam et créa à partir de lui son épouse, ce qui donna lieu à un couple. De ce couple, Dieu, loué soit-Il, fit se répandre sur la Terre beaucoup d’hommes et de femmes.

    Et nous trouvons cela clairement au début de la Sourate An-Nissa’ (les femmes) : Dieu, loué soit-Il, dit (sens du verset) :
    « Ô hommes! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être, et a créé de celui-ci son épouse, et qui de ces deux-là a fait répandre (sur la terre) beaucoup d’hommes et de femmes. » (Coran:4/1).
    Voilà pourquoi Dieu, loué soit-Il, insiste sur le sens du vicariat à plus d’un endroit du Coran : Allah, loué soit-Il, dit dans la Sourate  (Les appartements)
    « Ô hommes! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre-connaissiez. Le plus noble d’entre vous, auprès d’Allah, est le plus pieux. Allah est certes Omniscient et Grand Connaisseur ». (Coran 49/V13)

    Dieu, loué soit-Il, vous a créés d’un mâle et d’une femelle et c’est Lui qui vous informe de l’objectif de faire de vous des nations et des tribus. Cet objectif n’est pas la querelle et la dispute, mais de faire mutuellement connaissance, de vivre dans la concorde et de coopérer afin de pouvoir assumer toutes les obligations et de satisfaire tous les besoins.
    Dieu, loué soit-Il, dit : « De la terre Il vous a créés, et Il vous l’a fait peupler (et exploiter). »(Coran : 11/61)
    Peupler cette terre est l’un des objectifs de la création de l’être humain. Et c’est aussi l’un des objectifs du mariage.
    Le peuplement de la terre figure parmi les actes d’adoration que Dieu, exalté soit-Il, a imposés au croyant. Or, réaliser la servitude vis-à-vis de Dieu, exalté soit-Il, sur la terre ne peut avoir lieu que si l’être humain dispose des moyens du vicariat. Dieu, Exalté soit-Il, a voulu que ces moyens soient la cause de la pérennité et de la continuité de la vie.
    L’être humain est, selon les usages de l’Islam, le vicaire sur la terre car Allah, loué soit-Il, dit: « Lorsque Ton Seigneur confia aux Anges: «Je vais établir sur la terre un vicaire «Khalifa». (Coran : 2/30). L’homme a été créé pour adorer Dieu, loué soit-Il, Il dit :« Je n’ai créé les djinns et les hommes uniquement pour qu’ils M’adorent» (Coran : 51/56). L’adoration vouée à Dieu, loué soit-Il, couvre toutes les activités de l’homme sur la terre: Allah, loué soit-Il, dit (sens du verset) : «Dis: «En vérité, ma Salât, mes actes de dévotion, ma vie et ma mort appartiennent à Dieu, Seigneur de l’Univers. » (Coran : 6/162).
    Parmi les actes d’adoration requis figure le peuplement de la terre: Dieu, exalté soit-Il, dit : « De la terre Il vous a créés, et Il vous l’a fait peupler (et exploiter). Implorez donc Son pardon, puis repentez-vous à Lui. Mon Seigneur est bien proche et Il répond toujours (aux appels) » (Coran : 11/61).
    Parmi ces actes d’adoration figure aussi le fait d’œuvrer et de chercher les bienfaits de Dieu, loué soit-Il ; Il dit : «C’est Lui qui vous a soumis la terre: parcourez donc ses grandes étendues. Mangez de ce qu’Il vous fournit. Vers Lui est la Résurrection. » (Coran : 67/15).


  • La paix est-elle possible sur notre terre?

    Heureux les pauvres en esprit, car le Royaume des cieux est à eux. Heureux les affligés, car ils seront consolés. Heureux les doux, car ils hériteront la terre. Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés. Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. Heureux les purs du coeur, car ils verront Dieu. Heureux ceux qui font la paix, car ils seront appelés fils de Dieu. Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le Royaume des cieux est à eux. Heureux êtes-vous, chaque fois qu’on vous insulte, qu’on vous persécute et qu’on dit contre vous toute méchanceté, à cause de moi. Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ; car c’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui ont été avant vous (Matthieu 3 : 3-12 Traduction à partir du texte grec).

    Ce texte de l’évangile est appelé les « Béatitudes ». Il inaugure le Sermon que Jésus a prononcé sur la montagne. Il a lieu après son baptême par Jean Baptiste, au début de son ministère, et est adressé à ses disciples et à une large foule. La montagne se situe dans la région des environs de Capharnaüm et du lac de Tibériade. Les Béatitudes insistent sur huit aspects de la personnalité du croyant dans sa relation à Dieu et aux autres. Le comportement décrit dans les Béatitudes manifeste les caractéristiques du Royaume de Dieu. Parmi ces caractéristiques se trouve la paix : Heureux ceux qui font la paix, car ils seront appelés fils de Dieu. Quand on regarde notre monde ici et là, que de conflits, que de guerres, que de victimes du terrorisme, que de blessés, que de morts ! Les différences de régimes politiques, les intérêts matériels et économiques divergents, les dictatures, l’aspiration de peuples à la démocratie et à la liberté, la domination de grandes puissances, l’exploitation des pays du Sud par les pays du Nord, les revendications territoriales, religieuses, culturelles et identitaires, les machinations, l’injuste répartition des richesses entre États et à l’intérieur des États… : autant de sources de souffrances, d’affrontements, de tensions et de violences.

    Nous rêvons tous d’une société et d’un monde pacifiques, mais la réalité est toute autre. Le Sermon sur la montagne s’ouvre par une proclamation du bonheur : Heureux. Le bonheur énoncé est déjà présent, mais son accomplissement définitif est dans le Royaume à venir. C’est une déclaration de grâce adressée aux hommes, aux femmes et aux peuples de ce monde, invités à être ici et maintenant des artisans de paix. L’adjectif « faiseurs de paix » n’apparaît dans la Bible que dans ce texte de Matthieu. Mais le thème de la paix y est fréquent. La paix, c’est le message des anges à l’humanité à la naissance de Jésus         (Luc 2 : 14). La paix, c’est le cadeau de départ que le Christ laisse aux siens (Jean 14 : 27). La paix, c’est le premier message du Christ ressuscité aux disciples enfermés dans leur peur (Jean 20 : 19,21). Il s’agit de la paix avec Dieu, avec les autres et avec soi-même. Cette paix concerne tous les domaines de la vie susceptibles de produire de la violence : relations familiales, sociales, politiques, économiques…

    Le monde a aussi sa paix et sa manière de la donner, ou plutôt de la garantir par la domination, les prises de pouvoir, les alliances, les remises à l’ordre, les représailles, les guerres… Quand Jésus parle des artisans de paix, il a l’expérience de la pax romana, une paix imposée par l’Empire romain, une paix qui n’est exempte ni de conflits, ni de domination, ni d’expansionnisme territorial, ni de compétition, ni d’exclusions sociales, ni d’intérêts économiques et politiques… Jésus propose une paix bien différente de celle que le monde pourrait donner, car elle a son origine et son point culminant dans un amour désintéressé et dans le service aux autres. Cette paix nouvelle, qui n’est pas de ce monde, peut être présente dans le monde, dans la mesure où elle est vécue et diffusée.

    Ceux que Jésus déclare « heureux » sont ceux dont toute l’attitude permet de véritables réconciliations. Ce sont ceux qui font la paix, la vivent, la diffusent au niveau des relations humaines, familiales, sociales, internationales… Puisque la violence est cachée en chacun de nous, chacun est invité à être un artisan de paix là où il se trouve. La vraie paix est parfois un trésor qui coûte. L’histoire nous donne des exemples de personnes qui ont donné leur vie pour la paix. L’apôtre Paul dit : S’il est possible, autant que cela dépend de vous, soyez en paix avec tous les hommes (Romains 12 : 18).

    Pasteur Lendo MAKUNGA de l’Église protestante unie du Kremlin-Bicêtre


  • La Torah commentée:l’appartenance

    Paracha Bamidbar (Livre des Nombres)

    La paracha de cette semaine est la première du livre des Nombres. Elle commence par le commandement de D.ieu à Moise de faire le recensement des douze tribus d’Israël.  Le commandement divin précise les critères qui s’appliquent  pour être recensé. Seuls sont comptés les hommes de plus de vingt ans appartenant à l’une des tribus : « et on les enregistra selon leurs familles et leurs maisons paternelles, en comptant par noms ceux qui avaient vingt ans et plus, chacun individuellement »(nombres 1 :18).

    Le commentateur Rachi (France, 11eme siècle) explique  que ces hommes durent produire la preuve de leur appartenance, tantôt en montrant   des documents attestant de leur pedigree, tantôt en faisant appel à des témoins pour témoigner de leur naissance. Ce qui apparait dans le texte comme un  recensement calme et ordonné aurait donc plutôt ressemblé à un  fourmillement d’hommes criant et gesticulant,  tous soucieux de démontrer leur appartenance au peuple élu.

    Depuis, les juifs se sont retrouvés maintes fois au cours de l’histoire dans la situation de ceux qui demandent l’asile, contraints de prouver leurs origines, de justifier leurs motivations, avec à chaque fois la peur au ventre d’être rejetés.

    Les migrants d’aujourd’hui sont souvent dans la même situation,  Confinés dans un endroit précaire,  entre un passé difficile et un futur qui pourrait  s’annoncer prospère, mais seulement  s’ils arrivent à produire le bon document, à monter le bon dossier qui leur permettra de se qualifier pour une nouvelle vie.

    Les migrations massives  constituent l’un des problèmes les plus douloureux de notre siècle, avec ses conséquences dévastatrices : exploitation, isolement, mortalité. La communauté juive, qui porte l’héritage des migrations forcées se reconnait dans ces migrants qui quittent leur maison pour essayer de trouver une vie meilleure, à n’importe quel prix.

    Notre capacité à éprouver de l’empathie pour ces gens à la fois si différents et si proches de nous, constitue  une mise à l’épreuve de notre sens moral. Notre volonté de  les aider reflète notre  attachement à nos traditions, notre sens du devoir,  car il est écrit : « Tu n’opprimeras pas l’étranger : vous savez vous-mêmes ce que c’est que d’être étranger, puisque vous avez été des étrangers en Egypte » (exode 23 :9)


  • Le miracle selon Saint Luc

    Dans les actes des apôtres (chap 4), Luc raconte comment Pierre, après l’ascension  de jésus guérit  un infirme quêtant à l’entrée du temple. Il doit alors se justifier de son acte devant le Sanhedrin.

    « Alors Pierre ayant été rempli d’Esprit saint leur dit : Chefs du peuple et anciens,  puisque nous sommes aujourd’hui recherchés pour avoir fait du bien à un homme malade, afin de savoir par quel moyen il a été sauvé ; qu’il soit notoire à vous tous, et à tout le peuple d’Israël, que c’est par le nom de Jésus-Christ le Nazaréen, que vous avez crucifié, que Dieu a ressuscité des morts ; c’est par lui que cet homme se présente devant vous bien portant. C’est lui qui est la pierre rejetée par vous les constructeurs, et qui est devenue la principale pierre de l’angle. Et le salut n’est en aucun autre » (Actes 4 :8-4 :12)

    Ce qu’affirme Pierre, c’est que ce ne sont pas les compétences des apôtres dans la médecine, ni leurs moyens «  je n’ai pas ni or ni argent »(actes 3 :6) qui peuvent expliquer ce qui ressemble à  un miracle, du moins à l’époque.

    L’homme seul ne peut pas faire des miracles. C’est la présence du Saint Esprit qui explique et qui est à l’origine de la guérison.  L’homme n’est lui que le moyen par lequel s’effectue cette  guérison ; Il n’en est pas l’auteur, mais il a besoin d’avoir foi dans le travail de Jésus pour que le miracle s’accomplisse.

    C’est la réflexion de l’homme   guidée par l’Esprit lui fait connaître la foi et non le souci d’obéir à la loi.


  • Le monothéisme pur (sourate 112 du coran)

    Ubay ibn Ka’b (que Dieu l’agrée) un compagnon du prophète Mouhammad  (prière et salut sur lui) a rapporté : « Les polythéistes ont dit au Prophète (prière et salut sur lui) : « Ô Mouhammad, définis-nous l’origine de ton Seigneur. » Alors Dieu « Soubhana wa ta’ala » louanges et gloire à Allah a fait descendre ces versets. (Sourate du monothéisme), Hadith bon rapporté par L’imam Ahmad Ibn Hanbal dans son livre ( Al musnad) :

    « Dis : Il est Dieu, Unique. Dieu, Le Seul à être imploré pour ce que nous désirons. Il n’a jamais engendré, n’a pas été engendré non plus – C’est Dieu qui n’engendra ni ne fut engendré, car toute chose engendrée meurt, et toute chose qui meurt est héritée. Tandis que Dieu Tout-Puissant, Très-Haut ne meurt pas, et n’est pas hérité, Et nul n’est égal à Lui». Sourate 112

    1. Dis : Il est Dieu, Unique.

    Commentaire : Il est l’Unique, l’Un, qui n’a pas d’homologue, de semblable, ou de ministre, parce qu’Il est le Parfait en tout, Ses attributs et Ses actes.

    1. Allah, Le Seul à être imploré pour ce que nous désirons.

    Commentaire : C’est Lui dont les créés ont besoin, pour leurs affaires et demandes.

    Le compagnon du prophète Ibn Abbâs (qu’Allah l’agrée) a commenté : « Il est le Maître dont la prédominance est bien accomplie, le Noble dont la noblesse est bien accomplie, le Majestueux dont la majesté est bien accomplie, le Tout indulgence dont l’indulgence est bien accomplie, le Connaissant dont la connaissance est bien accomplie, le Sage dont la sagesse est bien accomplie, et c’est Lui dont sont accomplis tous les genres de noblesse et de prédominance. C’est Lui Dieu. Transcendance à Lui. »

    1. Il n’a jamais engendré, n’a pas été engendré non plus.

    Commentaire : Il n’a pas d’enfants et il n’a pas de géniteur, et Il n’a pas non plus de compagne.

    Le prophète (prière et salut sur lui) a dit : « Dieu (le Très-Haut) dit : Le Fils d’Adam me dément, pourtant il ne devrait pas le faire. Il me fait des injures, pourtant il ne devrait pas le faire. Son démenti consiste à dire que Je ne peux le faire recommencer comme Je l’avais fait au début. Quand à son injure, elle consiste à dire : « Dieu a adopté un enfant ». Or, Je suis Dieu l’Absolu, qui n’engendra ni ne fut engendré, et de qui nul n’est l’égal. ».

    Dieu dit dans le coran: «Certes, vous avez eu un bel exemple [à suivre] en Abraham et en ceux qui étaient avec lui, quand ils dirent à leur peuple: « Nous vous désavouons, vous et ce que vous adorez en dehors de Dieu » [Sourate 60, Verset 4]

    Commentaire :

    « « Quand ils dirent à leur peuple: « Nous vous désavouons, vous » : ça veut dire : nous nous séparons de vous « et ce que vous adorez en dehors d’Allah. Nous vous renions. » : c’est-à-dire nous renions votre religion et le chemin que vous suivez.


  • Méditation pour temps d’élection(s)

    Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ. En lui, Dieu nous a élus avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et sans défaut devant lui. Dans son amour, il nous a prédestinés par Jésus-Christ à être adoptés, selon le dessein bienveillant de sa volonté, pour célébrer la gloire de sa grâce qu’il nous a accordée en son bien-aimé.[1] (traduction de la nouvelle version Segond révisée)  

    De même que Philippiens, Colossiens et Philémon, l’épître aux Éphésiens appartient aux lettres dites des « captivités », écrites par Paul quand il était en prison à Rome. Le passage d’Éphésiens chapitre 1 verset 3 à 6 constitue une seule phrase en grec. Il fait partie du texte d’Éphésiens chapitre 1 verset 3 à 14 qualifié de « bénédiction ». La bénédiction est un thème très important de toute la Bible. Mais la TOB (Traduction oecuménique de la Bible) préfère l’intituler une grâce sans limite.[2] Comme le fait remarquer la TOB, Dieu est sujet des verbes ; son action se trouve rythmée par les en Christ (en lui)… La bénédiction de Dieu est considérée sous ses aspects successifs mais inséparables : élection (4-5), délivrance (rédemption) (6-7), récapitulation (8-10), héritage promis (11-12), don de l’Esprit (13-14). Ces thèmes appartiennent au vocabulaire de l’alliance dans l’A.T. [Ancien Testament]. Dans ce texte d’Éphésiens, Dieu est l’auteur de la bénédiction en Christ. Cette bénédiction commence par l’élection aux versets 4 et 5.

    L’élection est un sujet central de la Bible. Elle est gratuite et dépend de la grâce de Dieu qui décide en toute liberté et souveraineté, agissant sans condition préalable. L’élection dévoile quelque chose du projet de Dieu pour l’humanité. Quand les humains parlent des élections, c’est le peuple qui choisit ses dirigeants. Les Français vont élire un nouveau président de la République. L’élection est l’exercice démocratique que les citoyens effectuent pour choisir leurs gouvernants. Quand on entre dans l’isoloir, on met son bulletin de vote dans l’urne en son âme et conscience. Les choix politiques sont personnels ; voter ou ne pas voter est une grande responsabilité. Un discernement est nécessaire car les questions que pose la foi en ce moment-là ne sont pas moins essentielles.

    La France est un pays laïque, il n’existe pas de politique chrétienne, ni de programme chrétien. Aucun candidat n’a jamais été élu avec le programme du Sermon de Jésus sur la montagne en Matthieu chapitre 5 à 7. Mais cela ne signifie pas qu’il ne faille pas voter pour accomplir son devoir de citoyen. Un des indicateurs importants qui peut le guider dans ses choix, c’est la place réservée à l’autre : le faible, le vulnérable, le petit, le blessé de la vie, le méprisé, l’oublié, l’exclu, le menacé, le sans voix, le sans défense, l’immigré, le demandeur d’asile… Ce message-là est au cœur de l’Évangile. L’égoïsme et les intérêts personnels ne sont pas les seuls critères de choix des candidats.

    Dans la Bible, quand on parle de l’élection, le mouvement est inverse parce qu’il ne s’effectue pas du peuple vers ses représentants qu’il élit, mais de Dieu vers le peuple. Dieu nous choisit pour nous associer à son projet d’amour pour l’humanité. Quand il y a des élections, nos choix sont souvent dictés par les critères suivants : le contenu du programme du candidat ou de la candidate, son éloquence, son appartenance à tel parti ou mouvement, son apparence physique, sa personnalité, ses qualités… Mais avec Dieu, les critères sont différents parce qu’il ne nous choisit pas à cause de nos qualités ou de nos oeuvres. Son choix dépend de sa seule grâce. Aucun mérite, aucune valeur personnelle ne le justifient. L’élection n’est pas une sélection, un choix arbitraire. Ce n’est pas le privilège de quelques-uns. Tous les humains sont des élus, étant égaux devant Dieu. Son élection n’a pas pour but d’exclure, mais d’inclure, et elle ne provoque pas de rivalité. Dieu nous a tous élus pour annoncer une parole d’amour et de paix et non de haine, et pour servir et non se servir.

    Pasteur Lendo MAKUNGA de l’Église protestante unie du Kremlin-Bicêtre

    [1]      . Ephésiens chapitre 1 verset 3 à 6.
    [2]      . La TOB est une traduction de la Bible, certes, mais elle donne des titres aux passages bibliques et des commentaires interprétatifs à certains textes en note de bas de page.


  • La Torah commentée: Lèpre et rédemption

    Résumé de la paracha TAZRIA-METZORA

    Chaque semaine est lue dans les synagogues une section de la torah (paracha ou péricope en français) de manière à effectuer une lecture complète de la Torah en une année
    La paracha lue cette semaine est la combinaison de  deux paracha Tzaria et Metzora toutes deux tirées du livre du lévitique.
    La paracha Tazria poursuit l’exposé des lois relatives la pureté et à l’impureté rituelle.Après son accouchement, une femme doit accomplir un processus de purification qui comprend l’immersion dans un mikvé (bain rituel) et des offrandes au Temple.
    Les garçons doivent être circoncis le huitième jour de leur vie.
    Tsaraat (la « lèpre ») est une plaie d’ordre surnaturel qui peut aussi affecter les  vêtements. Le Cohen (Grand prêtre) est consulté et, après un examen ainsi qu’une mise en quarantaine de sept jours, il déclare tahor (pur) ou tameh (impur) le phénomène constaté. La personne atteinte de cette tsaraat (le metzora) doit demeurer hors du camp (ou de la cité) jusqu’à sa guérison. La paracha Metzora  décrit  la procédure par laquelle le Cohen purifie le metsora guéri. Cette procédure implique : deux oiseaux, de l’eau vive dans un vase d’argile, du bois de cèdre, un fil d’écarlate et un bouquet d’hysope (une plante aromatique). Une maison peut être affectée également d’une altération « lépreuse » se manifestant sous la forme de taches d’un vert ou d’un rouge foncés sur ses murs. Ici encore le  Cohen déterminera si la maison peut être purifiée ou si elle doit être démolie

    Commentaire de la paracha

    Dans la paracha  de cette semaine, sont  énumérées les lois concernant Tsaraat (la lèpre) et son traitement.  Contrairement à la pathologie de la lèpre que nous connaissons, Tsaraat est une affection qui  peut se guérir en quelques jours et qui nécessite le recours à un prêtre qui retranchera  la personne affectée de  la communauté.  Cette exclusion n’est en aucun cas permanente et  l’individu retrouve toujours sa place dans le groupe après la guérison suivie  d’un rituel de purification présidé par le prêtre.
    Les  sages considèrent majoritairement Tsaraat comme une punition résultant de la faute de calomnie  ou de médisance (lashon hara). Le terme « Metsora » qui donne son nom à la paracha de cette semaine est d’ailleurs interprété par la tradition orale au sens de « celui qui prononce des paroles maléfiques ». La Torah décrit plusieurs cas de personnages bibliques qui  en furent affectés et en particulier celui  de Myriam, la prophétesse et sœur de Moise.
    Le rabbin et philosophe Maïmonide fait remarquer que Tsaraat, la lèpre, ne désigne pas seulement les taches sur la peau de l’homme, mais également celles qui apparaissent sur ses vêtements, son mobilier ou les pierres de sa maison. D.ieu méprise la médisance. Alors, de manière progressive, il vient mettre en garde celui qui s’y adonne,  en contaminant tout d’abord, sa maison puis son mobilier, ses vêtements, puis finalement son corps s’il ne  se repent pas.
    Tsaraat, affecte l’individu, non seulement sur le plan médical, mais également sur le plan spirituel : c’est la lèpre de l’âme qui punissait nos ancêtres qui médisaient. Le Zohar (loc. sit. 46.2-47-1) explique à ce propos que celui qui médit, c’est  aussi celui qui reste silencieux alors que sa parole aurait pu aider son prochain.
    On aurait pu s’attendre à trouver dans la torah  d’autres phénomènes similaires, dédiés à la prévention  d’autres mauvaises actions. Cela n’est pas le cas, et ceci met l’accent sur la gravité du péché de médisance comme l’indique  Le Talmud (Guemara Arakhin) : « La médisance est une faute plus grave que les trois péchés capitaux »
    Il importe donc au quotidien de garder à l’esprit la gravité de cette faute et de se demander systématiquement avant d’affirmer quelque chose de vrai ou de faux, si cela risque de causer du tort à quelqu’un.
    Rappelons nous aussi lorsque nous croisons dans les rues l’un de ces  nombreux exclus, lépreux des temps modernes, rappelons nous Tsaraat.  L’exclusion qu’elle entrainait n’était jamais définitive et ne durait que le temps de la guérison. Tout le monde avait droit a une nouvelle chance.
    Or l’exclusion sociale est de nos jours une situation dont on a bien du à sortir. Tendons la main à ces exclus pour qu’ils puissent, eux aussi avoir une nouvelle chance.


  • Conference Annuelle AIVB: Jeudi 18 Mai

     

    affiche conférence

    La conférence annuelle de l’AIVB se tiendra cette année le

    JeudI 18 mai à 20h30, salle André Maigné au Kremlin-Bicêtre

    sur le thème:

    Quelle fraternité pour la France de demain?

    Nous aurons cette année le plaisir d’accueillir les conférenciers suivants:

    • M. Gilles Bernheim,
      • Grand rabbin du consistoire central
      • Ancien grand rabbin de France
    • MM. Robert Philipoussi
      • Pasteur de l’ÉgliseProtestante Unie de France (communion luthérienne et réformée) à la paroisse Port-Royal-Quartier Latin
      • Théologien, ancien président du Consistoire et ancien membre du Conseil régional
    • Dr. Dalil Boubakeur
      • Recteur de la Grande Mosquée de Paris (GMP)

    Selon notre habitude la soirée se terminera par un « verre de  l’amitié »

    Cette soirée est publique. L’entrée est gratuite. N’hésitez pas à venir nombreux et à inviter vos amis et connaissances que le sujet pourrait intéresser.

    Nous espérons vous voir nombreux à l’occasion de cette conférence.


  • La réflexion de la semaine

    Voici l’extrait du chapitre 13 de l’évangile de Jean que lisent tous les chrétiens en ce jeudi 13 avril 2017, qualifié par eux de « Jeudi Saint ». L’Eglise médite alors sur une initiative surprenante de son Seigneur au cours du dernier repas qu’il prit avec ses disciples, avant d’être arrêté, puis crucifié :

    Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout.

    Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer, Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu, se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ; puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture.

    Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? »

    Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. » Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. » Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! »

    Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous. »

    Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. »

    Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ? Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous.

     

    A la lecture de ce texte, on pourait penser: « Décidément, il nous change la religion, celui-là ! »

    L’iconographie religieuse nous a tellement habitué à nous représenter la Cène comme Matthieu, Marc, Luc ou même l’apôtre Paul nous la racontent, que nous sommes surpris de ne pas trouver dans l’évangile de Jean le traditionnel récit de l’institution de l’eucharistie avec les paroles de Jésus sur le pain et le vin de la Pâque : « Prenez, mangez, ceci est mon corps… Buvez-en tous, cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang »… paroles reprises par le prêtre à chaque messe.

    Incroyable ! Jean nous raconte, en lieu et place de ces paroles sacrées, un geste de Jésus qu’il est seul à avoir consigné et qui, manifestement, a surpris Simon-Pierre avant de nous surprendre nous. Ce geste volontairement décalé, c’est Celui du Maître qui se fait serviteur de ses disciples et leur enjoint de prendre le même chemin que lui.

    Jean, comme les autres évangélistes, se souvient bien de la volonté exprimée par Jésus de donner à son dernier repas une portée décisive, mais le « Faites ceci en mémoire de moi ! » devient ici « C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous ». Autrement dit, Jean place l’humble service du frère au même niveau que le geste sacramentel : voici que l’eucharistie engage au service les disciples du Ressuscité autant qu’elle atteste de sa présence parmi eux. Voici qu’à côté de la religion, de toutes ses prières et ses rituels, il nous est donné d’entrevoir, avec Jésus, un autre accès à Dieu et au salut : l’amour très concret manifesté au prochain ! « Celui qui aime est né de Dieu et connaît Dieu… car Dieu est amour. » (1 Jn 4,7)  « Ce que vous avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mt 25, 40).

    Philippe Louveau, Eglise catholique à Villejuif


  • Synthèse de la soiré débat sur la fraternité du 2 février

    La deuxième soirée débat organisée par l’AIVB sur le thème de la fraternité s’est déroulée le 2 Février 2017 au temple protestant du Kremlin Bicêtre;

    Trois questions avaient  été proposées :

    • Pouvez-vous évoquer des situations ou le manque de fraternité vous a choqué et des gestes de fraternité qui vous ont touché?
    • Quels sont  votre avis dans notre société les facteurs qui favorisent et ceux qui freinent l’émergence de la solidarité voire de la fraternité.
    • Dans les relations personnelles, l’attitude fraternelle se cultive-t-elle? Si oui comment?.

    Voici un résumé des idées échangées durant cette soirée

    Pouvez vous évoquer des situations ou le manque de fraternité vous a choqué et des gestes de fraternité qui vous ont touché?

    Ce qui vous a touché :

    • Des élans de solidarité au bureau  pour entourer des collègues dans le malheur
    • Échange et partage avec des SDF à la sortie du métro
    • Prêt d’un appartement pour héberger un sans abris
    • Volontariat pour mettre en place des groupes d’alphabétisation

    Ce qui vous a choqué :

    • L’attitude de refus affichée par certains de payer pour la couverture maladie d’étrangers
    • Certaines émissions de télé-réalité
    • Les traitements inhumains réservés aux refugiés
    • L’Indifférence du public face à des violences dans le métro.

     

    Quels sont  votre avis dans notre société les facteurs qui favorisent et ceux qui freinent l’émergence de la solidarité voire de la fraternité

    Les médias influencent considérablement notre perception de la société. L’opinion qu’ils expriment reflète généralement les sentiments du plus grand nombre.  On a les médias que l’on mérite et certaines émissions de télé réalité diffusées aux heures de grande écoute n’hésitent malheureusement pas à glorifier des comportements égoïstes et  l’écrasement du faible par le fort.   Pourtant on remarque que le contenu proposé diffère significativement entre les heures de grandes écoute et les émissions tardives qui ne s’adressent pas au mème public.

    Le vivre ensemble se développe lorsqu’on a l’occasion de côtoyer l’autre et de partager quelque chose (de bon ou de mauvais), avec lui. La fraternité se fonde sur le souvenir de ce qu’on a partagé ensemble, que ce soit la misère ou le bonheur. Ainsi à la campagne,  tout le monde se connait. Une fraternité s’établit facilement entre des gens qui  qui se rendent de petits services. Le lieu de travail est aussi souvent le théâtre d’initiatives de solidarité

    On ne peut nier le fait que les réseaux sociaux jouent un rôle considérable et permettent facilement de réunir un grand nombre de personnes en peu de temps. Le revers de la médaille,  c’est  qu’on a de plus en plus  tendance à passer du  temps avec des gens loin de nous dans des relations virtuelles plus faciles qui, nous permettant de choisir le moment et les limites de notre exposition aux autres (son seulement, video partielle) . On n’a pas à subir la présence physique et le regard englobant de l’autre.

    Enfin, Le communautarisme favorise une fraternité à huis clos. Mais l’acceptance de l’autre au sein d’un groupe se paie souvent par le rejet celui qui  n’appartient pas au groupe. C’est donc en fait un jeu à somme nulle.

    Dans les relations personnelles, l’attitude fraternelle se cultive-t-elle? Si oui comment?.

    L’établissement d’un contact fraternel ne nécessite souvent pas grand-chose. Le sourire est par exemple un moyen efficace d’affirmer une ouverture à l’autre.

    Dans les faits la fraternité s’affiche souvent par petites touches. Contribuer  à une collecte d’aide alimentaire, donner un coup de main a quelqu’un qui en a besoin. On est déjà en route.

    Pourtant, l’apprentissage de la fraternité doit passer par l’apprentissage du pardon. Il faut arriver à accepter l’autre tel qu’il est sans le juger.

    L’école est bien sur le lieu privilégié ou on peut apprendre comment vivre avec ses semblables mêmes différents. et cette éducation commence par l’apprentissage de comportements simple comme apprendre à dire bonjour.